"Nature(s)"

Jeu. 26 Nov. — 06 Déc. 2015
Tous les jours, de 14h00 à 19h00
DISCIPLINE : Arts visuels
FORMAT : Exposition
ESPACE : Salle d'exposition
TARIF : entrée libre

Avec Akatre, Cécile Beau, Neil Beloufa, Charlotte Charbonnel, Marie Chemorin, Djeff et Arturo Erbsman
Commissariat : Djeff & Ann Stouvenel

Vernissage jeudi 26 novembre,
à partir de 18h


“Nature(s)”, ce simple mot, augmenté d’une multiplicité potentielle, réunit à la fois des artistes invités à l’ensemble du cycle d’expositions itinérantes et de nouvelles recrues conviées ponctuellement au gré des rencontres. A chaque occurrence, le collectif constitué se retrouve au sein d’un contexte toujours spécifique.

A Mains d’Œuvres, du 27 novembre au 6 décembre 2015, les œuvres présentées entrent en dialogue avec une actualité retentissante. Cette fin d’année marque les enjeux géopolitiques mondiaux par l’organisation à Paris de la COP21, rassemblement politique de la plus haute importance devant aboutir « à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays ». En parallèle de cette table ronde des nations du vaste Empire qui nous gouverne, nous ne chercherons pas à répondre par un autre programme. Au contraire, nous serons une goutte d’eau dans cet échiquier politique mais nous sublimerons ce qui nous échappe et ce qui forme la densité de ce qui nous est assurément le plus cher : la nature. Alors qu’une poignée de personnes, censées représenter la population mondiale, tire les ficelles d’un micro-théâtre, les œuvres nous replacent dans un autre décor au cœur d’expériences poétiques et sensibles. L’exposition s’engouffre dans ce décalage entre effervescence d’une telle manifestation planétaire et périples des sages proches de Confucius, ermites en quête d’immortalité et d’ascension vers la sagesse.

En marge de la COP21, ces œuvres partagent elles aussi un lien avec les sciences, qu’elles soient dures ou molles, appliquées à l’environnement dans son sens large. L’exposition débute par une immersion au cœur d’une table ronde confidentielle, tenue par des personnalités politiques qui traitent des questions économiques d’une manière déconcertante. Le langage du capitalisme et de la consommation est utilisé sans vergogne dans le but de tracer un avenir planétaire, dont l’issue semble de plus en plus incertaine. Cette vidéo, "La domination du monde" réalisée par Neil Beloufa, est un préambule politique à l’exposition, dont la suite est davantage empreinte de poésie. Nous entrons dans un plus grand espace où se côtoient sculptures et installations. Charlotte Charbonnel, par son œuvre "Astérisme", active les enregistrements de la NASA d’étoiles de même taille que la Terre et existant dans un autre système solaire. Les parties disponibles, voire habitables, laissent entendre les sons d’une nature existant aux confins de l’univers. Du lointain nous passons au très local. Une zone localisée dans l’espace d’exposition nous ramène à notre propre échelle et perturbe l’environnement proche. Cécile Beau présente "Virga", un micro-climat, une flaque gelée, qui se trouve dans ce lieu comme déconnecté du contexte, du temps et de la température qui l’entourent. Ce phénomène inexpliqué renvoie à une perte de repères spatiaux-temporels, également contenus dans l’œuvre picturale du collectif Akatre "XY". Une peinture de grande dimension présente deux couleurs et deux textures qui séparent horizontalement le format. Rappelant l’univers cinématographique par le 16/9ème de la toile et les 2/3, 1/3 de la composition, ce paysage abstrait et figé est completé par le biais d’un casque de réalité virtuelle, mis à disposition non loin, qui permet de voir et d’entendre une nature recréée par une programmation complexe. Ce paysage irréel reste pourtant simple. Le visiteur se perd dans cet horizon changeant, à la fois calme et angoissant, dont la finalité est elle aussi incertaine. Plus loin, Marie Chemorin nous entraine dans une poésie utilisant à la fois l’archéologie et la science culinaire. Une installation de cinq mètres de long intitulée "L’envol des rouges-gorges" s’inscrit dans la série des "Catastrophes culinaires". L’artiste y fait référence aux strates de l’évolution, souvenirs visibles par exemple dans des carottes de glace. En reprenant cette forme, elle revient sur trois périodes d’une civilisation : l’apogée, le déclin et la renaissance. Ce catastrophisme s’arrêtera-t-il sur une note sucrée ou acidulée ? Arturo Erbsman choisit de sublimer le parcours par une note chaude. Le designer manipule et transforme l’objet manufacturé en une sculpture contemplative. En usant d’un mélange de lumière chaude et de lumière froide, la lampe "Zénith" se projette au plafond et invite un soleil artificiel à éclairer les œuvres et les visiteurs par sa douce luminosité. En résonance avec la première vidéo de Neil Beloufa, l’installation "Réminiscence" de Djeff clôture l’ensemble en revenant sur un aspect tout aussi politique de la situation actuelle. Cette œuvre rappelle précisément l’actualité parisienne de cette fin d’année. Une proue de bateau engloutie est éclairée par les flashs lumineux d’une balise de détresse. Ce rythme nous permet peu à peu d’identifier un sol jonché de promesses brisées et, planant au-dessus, des fragments de la Charte mondiale de la nature proclamée le 28 octobre 1982 par l’Assemblée générale des Nations Unies, il y trente trois ans déjà. Un projet politique largement partagé mais non appliqué. Qu’en sera-t-il de la COP21 ? Quels sont nos rêves pour un avenir proche ? Que laisserons-nous ?

Parallèlement à la manifestation à Mains d’Œuvres, l’extension "Nature/s/" est présentée à Glassbox du 26 novembre au 12 décembre 2015. L’espace d’art situé dans le centre de la capitale tisse un lien entre Paris et sa banlieue, à l’image de la COP21 qui se déroule au Bourget. L’artist run space parisien dévoile les expérimentations préalables aux œuvres exposées à Saint-Ouen, trop peu souvent présentées. Ainsi maquettes, pistes préparatoires, cahiers de recherches, œuvres représentant de premières étapes, entres autres, qui sont à l’origine des créations sont à appréhender par tous.


Les partenaires :

Exposition réalisée en partenariat avec :

  • Glassbox, artist run space
  • Fondation Vasarely
  • Marker Management Consulting

Avec le soutien de :

  • ArtCOP21 - Agenda culturel Paris Climat 2015