"Sortir du livre"

Suspended spaces

Jeu. 03 Sept. — 11 Oct. 2015
Du jeudi au dimanche, de 14h00 à 19h00
FORMAT : Exposition
ESPACE : Salle d'exposition
TARIF : entrée libre

Avec Basma Alsharif, Ziad Antar, Leonor Antunes, Marwa Arsanios, Kader Attia, Bertille Bak, François Bellenger, Filip Berte, Marcel Dinahet, Yasmine Eid-Sabbagh, Maïder Fortuné, Lamia Joreige, Valérie Jouve, Jan Kopp, Yannis Kyriakides, Bertrand Lamarche, Lia Lapithi, Daniel Lê, Armin Linke, André Parente, Françoise Parfait, Sophie Ristelhueber, Tania Ruiz, Mira Sanders, Stéphane Thidet, Eric Valette, Christophe Viart et Mehmet Yashin
Commissariat : Suspended spaces

Vernissage jeudi 3 septembre,
à partir de 18h

Événements liés à l’exposition :

  • 03/09 - 10h30 : Petit déjeuner presse, sur invitation ou réservation
  • 03/09 - à partir de 18h : Vernissage, performance de Yannis Kyriakides.
  • 19/09 - de 15h à 22h : Portes ouvertes, visites de l’exposition à 16h et 18h et plein d’autres événements dans les 4000 m2 de Mains d’Œuvres
  • 10/10 - après-midi : Parcours Nord, en bus, passage à Mains d’Œuvres pour une visite de l’exposition

Nocturnes, de 19h à 20h30 lors des spectacles :


SORTIR DU LIVRE

Le collectif Suspended spaces réunit des artistes et chercheurs pour travailler à partir de territoires géographiques fragiles, délaissés par la modernité. Constitué après l’expérience de Famagusta, ville fantôme chypriote, notre groupe à géométrie variable a été invité à se déplacer au Liban et plus particulièrement à Tripoli, sur le site de la Foire internationale inachevée d’Oscar Niemeyer, puis au Brésil où un nouveau travail a été amorcé.

Les quartiers modernes de la ville de Famagusta, à Chypre, ont été vidés de leurs habitants par l’intervention militaire turque en 1974, et sont restés entièrement vides et inaccessibles jusqu’à aujourd’hui. Le chantier de la Foire international Rachid Karamé à Tripoli a été interrompu par la guerre civile, en 1975, et demeure depuis dans son état presque achevé mais sans usage, fermé au public bien qu’au cœur de la ville. Le MAC-Niterói et le Macquinho travaillent avec la communauté de la favela voisine, dans un société brésilienne violente et divisée.

A chacune de ces étapes, nous avons été invités à partager avec nos hôtes l’expérience d’espaces particulièrement fragiles, marqués par des conflits, des conditions de vie difficiles ou précaires, donnant lieu à des résidences, des œuvres, des rencontres, des expositions, des colloques, des publications.

Pour répondre à l’invitation qui nous a été faite d’exposer à Mains d’Œuvres, nous avons souhaité revenir, pour la première fois, sur l’ensemble des travaux artistiques produits dans le cadre du projet Suspended spaces depuis 2007. Et s’il est impossible de les exposer tous, cette nouvelle étape nous permet d’en réinterpréter certains.

L’exposition Sortir du livre n’est pas un bilan de nos activités, mais une nouvelle manière de les présenter, de les mettre en relation, avec distance et curiosité. Une expérimentation qui tisse des lignes entre les œuvres, dessine des axes et articule des perspectives. Pour cela, nous nous efforcerons de changer d’échelle, changer de format.

Des œuvres produites au fil des expositions passées seront présentées à une échelle réduite, proche de la maquette. Certaines réalisations artistiques imprimées dans les livres (portfolios), seront « développées », soit en présentant les originaux, soit en proposant une version « exposée », agrandie, reformulée, enrichie.

Nous proposons ainsi de sortir du livre pour insister sur les œuvres ; sortir du livre pour prolonger ou rejouer les pages confiées aux artistes dans nos publications ; sortir du livre pour exposer autrement la recherche. Ce changement d’échelle invite à une expérience inédite des productions artistiques par des lectures, des confrontations, des connexions nouvelles.

Sortir du livre, c’est aussi faire des trois publications le fil conducteur de l’exposition. L’espace de la galerie sera divisé en trois territoires géographiques : Chypre, le Liban, le Brésil.

Nous inviterons aussi quelques nouveaux artistes dont le travail fait écho à nos recherches.


SUSPENDED SPACES : LE MANIFESTE

QUI SOMMES-NOUS ?
Un collectif indépendant, mobile bien que basé à Paris, avant tout réuni par le désir de travailler avec d’autres artistes et chercheurs internationaux.
Notre fonctionnement n’est ni hiérarchique ni centralisé, mais plutôt organique et arborescent. Nous recherchons les rencontres fortuites et les croisements d’intérêts et de passions.

POUR FAIRE QUOI ?
Produire des œuvres et des textes, réunir artistes et chercheurs, organiser des résidences, des tables rondes et colloques, des projections, réaliser des expositions, des livres, des événements.
Nous envisageons les artistes comme des chercheurs et croyons à l’importance du regard et des discours artistiques et philosophiques sur le monde contemporain.

SUSPENDED SPACES QU’EST-CE QUE C’EST ?
Nous posons l’hypothèse qu’il existe des objets, ou plus précisément des espaces, que nous avons baptisés « suspended spaces » (espaces en suspend et en suspens), qui méritent le déplacement.
Ce mérite repose sur des caractéristiques précises bien que difficilement « énonçables » qui lui donnent une dimension paradigmatique susceptible de susciter des productions artistiques ou textuelles.
Ces suspended spaces sont des espaces dont le devenir a été empêché pour des raisons de conflits politiques, économiques, historiques. Ce sont des espaces sensibles, fragiles, provisoires qui, de ce fait, rendent le regard artistique nécessaire, pertinent, légitime ; ils nous concernent tous.

DÉPLACEMENTS
Nous croyons à la nécessité du déplacement comme méthode, à la décentration du regard. Se décentrer symboliquement mais aussi géographiquement. Une approche liée à une situation réelle, une confrontation physique et une expérience commune, partagée sur le terrain.
Nous ne ciblons pas un lieu, un territoire, un suspended spaces, nous y sommes invités au fil de nos rencontres. À notre tour, nous confions cette expérimentation, ce déplacement, à des artistes, chercheurs, théoriciens...

ÉCONOMIE
Nous travaillons avec les budgets que nous obtenons. Le projet s’adapte aux opportunités, mais nous créons les opportunités par les rencontres que nous sollicitons et le récit du projet que nous faisons à nos partenaires ; nous n’attendons pas, nous réagissons. Nous ne sommes pas sous tutelle économique, nous sommes autant que possible indépendants du marché et des institutions.
Nul n’est forcé au résultat immédiat. Les artistes et les chercheurs qui nous accompagnent ne sont pas poussés à produire mais invités à croiser leurs préoccupations avec celles du projet pour donner lieu à des discussions, des œuvres, des textes, des idées. Nous essayons de rendre compte de la diversité de ces productions dans les publications.

TEMPO
Nous prenons le temps de faire évoluer les idées et construire des relations, le temps de rencontrer et découvrir des œuvres, des textes, des lieux et des personnes. Notre projet s’inscrit sur la durée, et s’il est ponctué par des événements publics, il n’en est pas l’esclave.

Jan Kopp, Jacinto Lageira, Daniel Lê, Françoise Parfait, Eric Valette