Les résidents arts visuels et numériques en 2001

Les textes présentent les artistes et leurs projets à la date de leur résidence.

Dove Allouche / Evariste Richer Dove et Evariste travaillent sur des images photographiques et vidéo, dont ils ne sont pas les auteurs. Les projets Pétrole et Stéréo reposent ainsi sur un stock de diapositives récupérées qu’ils remontent en séquences. De même leur film Crack Up consiste en un montage sobre de rushs issus des archives vidéos des Sapeurs-Pompiers de Paris, accompagné d’un mix de Bidlo. L’autre particularité de leur pratique est de s’intéresser aux échanges et relations dans les activités humaines, en prenant pour cible les secteurs économiques, comme les industries et leurs chaînes de production.

Jean-Paul Ganem Il intervient sur le paysage, en semant dans les exploitations agricoles des plantes qui donneront un motif hors d’échelle. Ces formes, telles celles qu’il a posées autour de l’aéroport de Roissy, viennent souligner les nœuds dans le paysages et les activités qui s’y rapportent. A Montréal, il est intervenu sur une décharge au cœur de la ville, où est aujourd’hui collecté le gaz naturel. Il réalise également des installations dont le sujet et la matière première sont les éléments végétaux.

Olga Kisseleva Cette artiste d’origine russe revendique fortement son appartenance au milieu artistique de St-Petersbourg, où elle possède un atelier et participe à de nombreuses manifestations organisées par des commissaires d’exposition russes, en Russie et à l’étranger. Le thème principal du travail d’Olga s’articule autour d’une recherche sur "le vrai et le faux" et la frontière qui sépare le vrai du faux, le moment où le faux devient vrai, le virtuel devient réel. Certaines de ses pièces, telles que "Les Villes Virtuelles" ou "How are You ?", sont particulièrement marquées par cette opposition. Olga Kisseleva a déjà une production très aboutie d’installations vidéos et d’œuvres multimédias, à travers de nombreuses résidences en France et à l’étranger.

Fiorenza Menini Suivie par la galerie Yvon Lambert, où elle a déjà présenté deux expositions, elle s’est formée à Londres, New York et Los Angeles, où elle était proche de performers (Bob Flanagan, Gary Hill). Son travail repose principalement sur la vidéo et la photo, pour recueillir des séries à partir de la matière sociale réelle (“ les gens ”) ou pour documenter des performances très réactives, issues du contexte où elles adviennent. Elle a également mené plusieurs expériences chorégraphiques, notamment une improvisation opposant les évolutions d’un danseur et de deux lutteurs. Dans Résistance au Réhypnol, un plan-séquence vidéo, un acteur résiste pendant 90 mn au puissant somnifère qu’il vient d’avaler. La frontalité de l’image et de la lutte qui s’y projette induisent une réflexion autour de la nuit, de la peur du sommeil et de la mort.

SecondTimeZone / Territories, Claire Petetin / Philippe Grégoire Claire Petetin est architecte et s’intéresse en particulier aux questions d’urbanisme qui touchent les quartiers d’habitation populaires, dont elle transpose l’architecture sur Internet, en réalité virtuelle (secondtimezone.com). L’interface est conçue comme un outil de médiation mais aussi d’expression pour ses usagers, tout en cultivant l’approche ludique de la simulation et des avatars numériques. Elle l’a expérimenté à Kobe au Japon, à la cité des Courtillières à Pantin et engage ce processus à St-Ouen-l’Aumône et à la Friche la Belle de Mai, à Marseille. Elle projette de réitérer ce projet de superstructure virtuelle, alimentée et exploitée par les citoyens/usagers, à Saint-Ouen et d’y trouver d’autres acteurs pour alimenter cette interface.

Frédéric Vincent / Cannelle Tanc Cannelle Tanc utilise une diversité de média : peinture, dessin, broderie, sculpture, photographie, installation. Cette multiplicité existe pour retranscrire une vision du monde personnelle et un questionnement sur la représentation en art. L’acte de représenter, de choisir un sujet, un objet, un mot provient de la résonance qu’ils provoquent en tant que processus créatif, évocation d’une multitude d’images et de sens. Le travail s’ordonne à l’accrochage qui s’apparente au collage, permettant de raconter une fiction. Les éléments prennent sens les uns par rapport aux autres par association poétique. Par ailleurs elle continue à développer un processus d’envahissement de l’espace d’exposition à l’aide de tampon représentant une abeille brodée. Cannelle Tanc est en résidence pendant un an à Mains d’Œuvres pour réaliser notamment une installation :" Balançoires " au sein du parc de l’abbaye de Jumièges. L’exposition se déroulera de juin à septembre 2001.

Frédéric Vincent développe sont travail au travers de différentes approches. Le canevas ( trame où l’on passe du fil de coton pour former une image ), réalisé par des femmes issues de milieu populaire, permettant ainsi à travers des discussions et les réalisations d’établir une relation et de recréer un lien social. Le deuxième axe de recherche est l’utilisation d’images médicales (IRM, radiographie ), traitées selon les systèmes de codification de l’icône, où la théologie et le scientifique se rejoignent donnant lieu à une dimension esthétique offrant de simples moyens de rassemblement.

Cannelle Tanc et Frédéric Vincent sont à l’origine de l’espace d’art IMMANENCE, 21 av du Maine 75015 Paris. L’association a pour vocation de montrer la jeune création et d’initier les enfants à l’art contemporain