Virginie Yassef
"Chez Virginie Yassef, il y a quelque chose du Stalker, du braconnier qui s’introduit par effraction dans la Zone à la recherche de traces laissées par une civilisation extraterrestre. Des Zones visitées autour de chez elle, en Chine aussi bien qu’au Brésil, Virginie a recueilli un tas de fragments. Les scénarios fantômes en sont un exemple, des photographies, regroupées le plus souvent par deux ou trois et plus récemment par planches de huit (voir www.time-line.tv). À la différence des six Zones du roman des Frères Strougatski, géographiquement délimitées, celles de l’histoire qu’assemble Virginie Yassef sont éparpillées dans le monde entier, le plus souvent cachées, parfois mouvantes et mutantes, apparaissant de-ci de-là et semblant suivre les étranges révolutions de comètes capricieuses. Ces images sont peuplées d’objets espions, de fantômes, vivants ou morts, que protègent talismans, et magiciens. Les barricades sont les derniers vestiges d’un conflit où l’on imagine bien les protagonistes changer de camps à mesure de leurs mutations ; une bataille de vieilles reliques souffrant d’Alzheimer. Les images vidéos ressemblent tant aux photographies des scénarios fantômes que l’on se demande si elles ne documentent pas la transe d’hommes possédés par ces objets espions aux pouvoirs étranges. Les vidéos de Virginie Yassef sont autant d’essais d’anticipation anthropologique, documentaires et fictionnels à la fois, où l’on retrouve la grâce de Jean Rouch plus que la rigueur de Tarkovski."
Par Raphaël Zarka (2005)
Quelques travaux vidéos :
LES GUETTEURS 1998-2004, 2’36
La montée d’un suspens soutenu par l’ascension physique d’individus sur des tours de guet et donjons urbains improvisés. L’apparition d’une foule qui escalade soudain la ville comme elle escaladerait un pic rocheux. Une expédition incomplète proche de celle du Mont Analogue de René Daumal. (Virginie Yassef)
FANTÔMES, PARACHUTES. DRAGONS. PROJECTILES 2004, 7’54 DRANGONFLY. PARACHUTES. DRAGONS. PROJECTILES 2004, 7’51
Les scénettes qui composent ces deux vidéos ont été tournées au cours d’un voyage en chine en 2004. Elles sont tour à tour, burlesque, inquiétantes, ou tout simplement d’une beauté à couper le souffle. Virginie Yassef tend à fictionnaliser le réel. L’étrangeté générale de ses perfomances involontaires est renforcée par l’utilisation de bruits et de musiques qui viennent s’ajouter par endroits aux sons enregistrer par la caméra. La bande-son et les mots qu’insère l’artiste entre certaines séquences contribuent à la constitution d’un sentiment de réel-fiction. (Albert Asthom)
ET LE MUR LUI OBEIT 2004-2005, 4’30
« Et le mur lui obéit » cherche et balbutie une histoire. C’est la récolte d’étranges phénomènes. Des associations de moments retenus sur le vif. En suivant l’idée de Maurice Tourneur selon laquelle « moins on en montre plus ont en voit », les scènes se croisent dans un scénario fantôme diffus et brumeux. (Virginie Yassef)
WOW 2005, 6’05
« WOW » est un assemblage de diverses activités surprises par la caméra. Ces formes de mouvements en apparence hétérogènes composent un ensemble pour un scénario fantôme activé par quelques héros qui s’entraînent à d’étranges combats. (Virginie Yassef)

