MATTHIEU HOCQUEMILLER • J’arrive plus à mourir
Dates
- Du 13 au 14 juin 2008
"Parce que nous voulons vivre. Tout simplement. Nous sommes les premières générations adultes à vivre une bascule historique : le passage d’un futur chargé de promesses à un futur de menaces. Dans quel état sommes nous ? Au prix de quels sacrifices intimes se régule-t-on à une normalité pathologique ? Au prix de quels dénis, de quels subterfuges pour ne plus voir la violence ? Violence contre le sens. Violence de classe. Idéologie mortifère de la marchandise et inhibition par la peur, latente, généralisée.
Comment le contexte s’inscrit dans nos corps, dans nos imaginaires, dans nos petites histoires ? A quel prix ?
Bordel ! Nous n’allons pas rester le cul planté sur nos nombrils en attendant le désastre. Nous allons faire une grande fête. Nous chanterons comme des cygnes. Nous expliquerons sérieusement ce qu’est la danse, l’inscription de l’intime et du collectif, l’articulation complexe de la viande et de l’urgence.
On dansait, paraît-il, dans certaines communautés pour conjurer le sort ou faire tomber la pluie. La danse était déjà complètement inutile car elle n’a probablement jamais fait tomber une goutte d’eau. Elle était sans doute déjà essentielle car elle était un moment où la communauté disait : nous souffrons, tous, ici et maintenant, de la même sécheresse. De quelles sécheresses souffrons nous aujourd’hui ?" Matthieu Hocquemiller
[C’est donc une pièce à l’articulation du politique et de l’intime. C’est une pièce où l’on se débat. Les corps se débattent avec la marchandise, avec la violence et avec une gelée rose et sucrée qui finirait bien par les étouffer. Ils se débattent dans leurs contradictions aussi. Ils s’engluent parfois, déferlent, débordent, explosent ou dégoulinent. Ils ne jouent plus le jeu. Les corps se débattent avec une époque paradoxale et hypocrite à la fois terne et extrêmement brutale. Au-delà se posent donc les questions du lien et de la quête de sens. On est lié et on se débat. On est lié avec le contexte, avec les autres, avec le passé aussi comme le rappellent les mots d’exil de José Fortéa qui s’est battu, lui, en Espagne. L’interview de Miguel Bénasayag, philosophe d’une nouvelle radicalité, sert de ponctuation et permet une prise de recul. Il débat. C’est un propos évolutif, d’un combattant lui aussi, qui prenant acte du désarroi ouvre sur la nécessité d’investir le présent. Dans quel état on s’est mis ? Dans quel état est-on ?
Issu des arts du cirque, Matthieu Hocquemiller, passionné pour les arts du mouvement, se tourne vers la danse après une formation aux arts du cirque. Dans une vraie boulimie de danse, il s’initie à des pratiques très diverses : contemporain, capoeira, hip-hop, contact-impro. Il est également interprète pour des chorégraphes tels que Christine Bastin, Michel Kéléménis, Laura Scozzi, Cyril Viallon. Il se lance avec ses propres chorégraphies en 2004, avec « J’a », solo pour un danseur et un banc et en 2005, le duo « On épluche bien les oignons », qui tourne depuis sans relâche. Mains d’Œuvres accueille sa troisième création « J’arrive plus à mourir, gesticulations contre la fatalité ».
Mains d’Œuvres remercie Réseau en Scène/ Languedoc Rousillon pour l’aide dans l’accueil de cette compagnie et l’ADAMI pour la confiance montrée à cette jeune équipe. pour en savoir plus...
pour lire toute l’histoire, www.dansealoeuvres.over-blog.com/article-19495896.html




