EDITO DU MOIS

"Travailler plus pour rêver plus"

Depuis toujours, le monde est divisé entre ceux qui œuvrent dans le réel, régi surtout de manière comptable, et, si possible, rentable ; et ceux qui triturent l’imaginaire, qui amènent des fulgurances, qui sondent l’invisible... Quel équilibre peut-on encore trouver aujourd’hui entre les deux alors que seules les activités assujetties à un échange monétaire sont crédibles aux yeux de nos décideurs et financeurs ? Pourtant, la dialectique rapproche entrepreneurs et artistes plus qu’on ne le croirait : les notions d’innovation, de création, de prise de risque, de concurrence même, imprègnent leur quotidien. Serait-il alors si ardu d’impulser une porosité entre « comptable » et « insaisissable » ? Pour rêver le monde autrement, encore faut-il avoir les outils. Il serait grand temps, que ces grands pachas de l’argent se laissent nourrir par les orfèvres du sensible qui savent inventer un autre lien à l’humain, à l’objet, au sensible. Ce pourrait être un autre monde, meilleur sans doute, soumis à une autre économie – une économie qui n’a pas de prix !