Soutenez Mains d’Œuvres

UNE DÉCISION INJUSTE

Hier, mardi 8 octobre 2019, William Delannoy, maire de Saint-Ouen, après de nombreuses années de menaces et de contre-vérités à notre encontre, est passé aux actes : Mains d’Œuvres fait l’objet d’une expulsion et doit quitter son bâtiment historique.

Nous ne cherchons pas à nous opposer à une décision de justice, mais nous demandons le droit à être respecté·e·s, le droit à attendre la décision finale de la justice avec le résultat de l’appel ainsi que, dans le cas d’une décision en notre défaveur, le droit d’un temps nécessaire pour déménager et libérer les lieux dignement. Nous nous sommes investi·e·s sans compter avec tou·te·s les artistes en résidence à Mains d’Œuvres sur ce territoire depuis 20 ans, nous méritons !

L’EXPULSION DU MARDI 8 OCTOBRE

Ce mardi 8 octobre à 8h du matin, les salarié·e·s, artistes et associations se sont vus refuser l’accès à leur lieu de travail. Les rues aux alentours de Mains d’Œuvres étaient bouclées et gardées par des CRS. Un gros dispositif de 25 camions encerclaît le bâtiment sous les yeux ébahis des salarié·e·s qui n’ont jamais été informés de cette opération de force.

Petit à petit, les usagers du lieu, artistes, professeur·e·s, voisin·e·s nous ont rejoint devant cette porte close. Un élan de solidarité et d’émotion a ensuite rassemblé des gens qui se sont déplacés de toute la ville et au-delà pour nous rejoindre. Nous avons assisté, minute par minute à l’emmurage du lieu par des plaques de tôle. Sans aucune information sur notre devenir, du devenir des salarié·e·s, de la plus ancienne qui est là depuis 20 ans jusqu’aux jeunes récemment embauché·e·s, en passant par les artistes, leur matériel de production, les contrats en cours qu’ils devaient honorer, les concerts qu’ils devaient donner ainsi que tous les spectacles et toutes les actions culturelles qui devaient avoir lieu (50 enfants pour des visites de l’exposition à venir, 20 enfants en situation de handicaps pour des activités artistiques etc. etc.).

UN PREJUDICE ÉNORME

Mains d’Œuvres, c’est 25 emplois permanents (70 avec les professeur·e·s de l’école de musique) et 120 intermittent·e·s, c’est 250 résident·e·s au travail quotidiennement dont la moitié d’associations, 1500 adhérent·e·s, 9000 musiciens en répétition aux studios, c’est 350 événements par an pour 40 000 visiteurs, 15 services civiques, 25 stagiaires par an, c’est 4 millions d’euros de travaux réalisés en 20 ans par l’association, 150 jeunes de -26 ans du 93 accompagné·e·s vers l’emploi, une école de musique de 250 élèves, 200 bénévoles, 50 Œuvres produites par an, 50 partenaires sociaux éducatifs qui essaiment des actions sur tout le territoire. 4 millions d’€ de travaux et 60% de ressources propres.

À l’heure actuelle, des artistes ont leur matériel scellés à l’intérieur. Certain·e·s n’ont pu honorer leurs commandes, d’autres ont dû annuler des dates etc. Toute l’équipe de Mains d’Œuvres est privée de ses moyens de production. Cette situation est inadmissible.

En ce moment même les pertes s’élèvent déjà à près de 100 000€ pour la structure auxquels il faut ajouter des dizaines de milliers d’€ par jour d’empêchement écoulés. Ces chiffres ne comprennent même pas les préjudices de chaque artiste et association qui ont leurs activités à Mains d’Œuvres !!!

La culture est un vecteur d’économie locale et nous ressentons en ce moment même les conséquences sociales désastreuses face à l’acharnement dont elle fait l’objet.

COMMENT NOUS SOUTENIR ?

  • L’organisation du Cri d’amour le samedi 12 octobre –

Diffusion de tracts et collage d’affiches dans Saint-Ouen
Faire des banderoles et les suspendre aux fenêtres
Aider à l’organisation du Cri d’amour du samedi 12 octobre

  • Vie quotidienne de l’association –

Nouvelle permanence au 1 rue Charles Garnier, devant Mains d’œuvres de 10h à 20h tous les jours
Venez nous voir, nous apporter amour, joie, réconfort, tables, chaises, café, nourriture, messages de soutiens, banderoles, décoration…
Proposer des locaux pour reloger les activités qui étaient programmées à venir (cours de musique, spectacle etc.)

  • Relais et partage –

Signer la pétition !!
Relayer les informations sur les réseaux sociaux avec le hashtag #mdoforever #jesuismainsdoeuvres
Prendre connaissance du droit de réponse de Mains d’œuvres (ci-dessous) aux attaques du maire afin d’être parfaitement informé.e.s
Participer à la cagnotte sur HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/association-le-lieu-mains-d-oeuvres/formulaires/1/widget

RAPPEL DES FAITS DU CONFLIT OPPOSANT LE MAIRE WILLIAM DELANOY ET L’ASSOCIATION MAINS D’ŒUVRES

Droit de réponse - Mains d’œuvres
suite au CP de la Mairie de Saint-Ouen du 08/10/19 concernant l’expulsion de Mains d’Œuvres


Hier, mardi 8 octobre 2019, William Delannoy, maire de Saint-Ouen, après de nombreuses années de menaces et de contre-vérités à notre encontre, est passé aux actes : Mains d’Œuvres fait l’objet d’une expulsion et doit quitter son bâtiment historique.
Plus de 20 années au service de la diffusion de la culture pour toutes et pour tous sont balayées d’un revers de main par un élu qui laisse sur le carreau des centaines d’artistes en résidence soutenus par les collectivités locales et l’Etat, 70 salariés dont il se soucie peu du devenir, des milliers d’audoniennes et d’audoniens usagers quotidiens de Mains d’Œuvres et de ses activités.

Nous n’avons eu de cesse de vouloir entamer un dialogue constructif avec Mr. Delannoy. Nous l’avons dit, écrit, publié, exprimé dans la presse ou sur les réseaux sociaux, en témoignent les documents publics que nous tenons à disposition.
Après avoir refusé la médiation juridique initialement proposée, alors qu’un jugement en appel doit intervenir le 3 décembre 2019, la réponse du maire à notre volonté de dialogue est inacceptable.

Aujourd’hui, la violence de cette expulsion ainsi que les contre-vérités énoncées dans le dernier communiqué de presse publié par le service de presse de la Mairie ne peuvent rester sans réponse.

La direction de Mains d’Œuvres et son Conseil d’Administration tiennent à apporter les précisions suivantes :

1. C’est bien à l’initiative de Mr. Delannoy qu’une proposition de médiation juridique nous a été transmise le 21 décembre 2017, soit 10 jours avant la fin effective de notre bail, suspendant de fait notre départ des lieux. Nous avons dès lors voulu croire en sa volonté d’ouvrir un dialogue qui aurait été bénéfique à toutes et à tous. Mais dès lors, laissez entendre que vous vous attendiez à notre départ au 31 décembre 2017 est donc faux, voire mensonger.

2. Depuis sa création, Mains d’Œuvres a toujours payé son loyer (60000€). Mais, en 2010, un incendie a détruit une partie du bâtiment. Mains d’Œuvres a contesté le maintien du loyer au montant fixé par le bail, dès lors qu’elle était privée de la partie du bâtiment sinistré. Fin 2015, c’est le tribunal qui a tranché sur ce sujet et non pas un geste de la part de Mr. Delannoy. Le loyer a été ramené à 1€ pour compenser la perte de la subvention de la mairie (90000€). Nous avons toujours souhaité et exprimer notre volonté de payer un loyer.

3. Nous n’avons pas mis en œuvre une sous-location de nos espaces : Mr Le Maire se méprend de fait - et malheureusement - sur le terme de « résidence d’artistes » qui est le cœur même de l’activité de Mains d’Œuvres depuis plus de 20 ans et qui constitue la raison de son soutien par de nombreuses collectivités territoriales dont le Région, le Département, la Ville de Paris ou le Ministère de la Culture.

4. Il est écrit que nous serions une charge financière supportée par les Audoniennes et les Audoniens : si auparavant, la mairie versait une subvention de 90 000€, celle-ci a été stoppée en cours d’année en 2014 et ramenée à 0€. Aujourd’hui Mains d’Œuvres contribue donc à la vitalité culturelle de la ville pour 0€.

5. Par ailleurs, la Mairie évoque deux ans de retard dans les travaux de lancement du conservatoire. Or, ce projet n’a jamais été inscrit au budget de la Ville, ni fait l’objet d’aucune présentation du projet architectural envisagé. Il faut se rendre à l’évidence : ce projet n’est pas prêt et il est utile de préciser qu’il coûtera largement plus que les 15 millions d’euros évoqués régulièrement par Mr. Delannoy sans avoir démontré la possibilité technique d’installer un conservatoire dans le bâtiment actuel.

6. Il nous paraît utile de rappeler également qu’en 2016, Mr. Delannoy a évoqué la possibilité pour Mains d’Œuvres de racheter le bâtiment. Cette option était parfaitement envisageable pour lui à l’époque, il était parfaitement ouvert à cette option.

7. Enfin, Mains d’Œuvres a déboursé près de 4 millions d’euros pour pallier les manquements de la Mairie depuis plusieurs années en termes d’entretien du bâtiment et qui lui incombait en tant que propriétaire.

Mr Le Maire peut se douter combien l’expulsion de Mains d’Œuvres et de ses milliers d’usagers est une perte lourde pour l’image de la Ville et priverait des centaines de familles d’un accès à l’art et la culture divers, ouvert et partagé.
Malheureusement, encore une fois, il préfère lier le devenir de Mains d’Œuvres au devenir du Conservatoire, comme si le fait de déshabiller entièrement Pierre permettrait de vêtir convenablement Paul. Il n’a eu de cesse de monter les usagers de ces deux établissements les uns contre les autres.
Nous défendons avec l’ensemble de nos partenaires (État, Région, Département, Ville de Paris, Plaine Commune) un lieu emblématique qui a écrit une page de l’histoire des politiques culturelles pour les audoniens. Nous défendons une place pour chacun, un rayonnement de notre ville, une exigence artistique, un accompagnement de l’émergence. Dans ce contexte, il est vain de nous opposer.

Fazette Bordage, Présidente de Mains d’Œuvres
Juliette Bompoint, Directrice de Mains d’Œuvres
Les membres du Conseil d’Administration de Mains d’Œuvres
Les salariés, adhérents et bénévoles de Mains d’Œuvres
Et bien sûr, tous et toutes les sympatisant.e.s

#mdoforever