"Traverser la mer sans que le ciel ne le sache"

Ven. 07 Sept. — 14 Oct. 2018
du jeudi au dimanche, de 14h à 19h
DISCIPLINE : Arts visuels
FORMAT : Exposition
ESPACE : Salle d'exposition
TARIF : Entrée libre

Avec : Octave Courtin, Pauline Delwaulle, Capucine Diancourt, Nicolas Floc’h, Anne Lauroz, Quentin Montagne, Élie Quintard & Zoé Lecossois & Loriane Panel, Marie Ouazzani & Nicolas Carrier

Commissariat : Jodène Morand & Ann Stouvenel
En collaboration avec l’École européenne supérieure d’art de Bretagne.



LES ÉVÉNEMENTS :

> Vendredi 7 septembre, à partir de 18h :
*Vernissage, en présence des artistes
*Performance du LAP - Laboratoire des arts de la performance / Sketch for Tired Eyes - une performance collective de Feriel Boushaki

> Samedi 15 septembre :
*Portes ouvertes de Mains d’Œuvres de 14h à 19h *et de la Momo, école alternative de musique, de 10h à 16h.

> Samedi 6 octobre :
*Rouxteur Festival, activation numérique de l’exposition. L’entrée est payante le 6 octobre. Toutes les informations sont ici.

> Dimanche 7 octobre :
*Video Talk #1, à 16h / « APERCEPTION » de Colin Snapp, en conversation avec Laetitia Chauvin et Marie-Laure Lapeyrère.

> Dimanche 14 octobre :
*14h-19h : Finissage de l’Exposition "Traverser la mer sans que le ciel ne le sache" / 15h : Visite guidée.
*16h : Vidéo Fatale #2, cycle de projections proposé par Julia Geerlings, en collaboration avec Julie Béna. Cette deuxième édition de Vidéo Fatale est dédié à l’identité et le genre. Avec : Julie Béna, Madison Bycroft, Anna Daučíková, Valentýna Janů, Evelyn Taocheng Wang, Mark Ther, Marie Tučková.
*17h : Performance d’Octave Courtin / dans le cadre du finissage de l’exposition, l’artiste Octave Courtin présentera une performance en salle Star Trek.
*11h-17h : Vide-poussette jeunesse 0/14 ans
Achetez, vendez, flânez, chiner du matériel de puériculture, des jouets, des livres, des chaussures, des vêtements, de la décoration de chambres d’enfants. Le vide-poussette du Tipi se déroulera à Mains d’Œuvres.


LES NOCTURNES :
jusqu’à 21h en parallèle d’événements ailleurs dans le lieu
> Vendredi 14 septembre 2018 :
Un dromadaire sur la banquise, Rencontre performée en salle Star Trek, 19h. Par le Collectif &. (Cathy Blisson & Anne Quentin), avec : Jean-Charles Massera, Fanny de Chaillé, Christophe Fiat, Jean-Yves Jouannais, et (sous réserve) Valérie Mréjen.


L’exposition TRAVERSER LA MER SANS QUE LE CIEL NE LE SACHE est le deuxième et dernier volet d’un projet de résidence réalisé sur le B.O.A.T® mis en place par L’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB).
Invités à vivre à bord du bateau, « Le Grand Largue », les artistes ont pu y développer leur pratique autour de la recherche, de l’expérimentation et de la production. En collaboration avec Mains d’Œuvres, celle-ci présente la production des artistes dans une restitution de la résidence.
En expérimentant l’environnement marin et la vie à bord d’un chalutier, les artistes proposent des regards, des histoires, des récits, des œuvres in situ. Ils s’emparent de différents médiums en provoquant un imaginaire onirique dans un dialogue et une confrontation des territoires, entre la Bretagne et la Seine-Saint-Denis. Les artistes rendent compte d’une mise à distance, d’une prise de risques et de regards portés sur l’environnement et les grands écarts contextuels.

UN CHALUTIER COMME ATELIER
B.O.A.T® est un navire de recherche artistique et pédagogique pensé comme un atelier mobile, une plateforme de travail, une annexe de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne, allant à la rencontre d’autres territoires, d’autres cultures, d’autres disciplines.
Le B.O.A.T® permet aux étudiants et aux artistes invités d’envisager leur pratique dans une mise en mouvement transversale : art et sciences, art et économie maritime, design et énergies renouvelables...
« Le Grand Largue » est un ancien chalutier de 16 mètres construit en 1981. Il a été réaménagé en 2015 par l’EESAB pour accueillir à son bord un équipage de 12 personnes.
Ce bateau de pêche permet, par sa taille, d’associer deux espaces distincts : un de travail et un de vie.
Il est basé au port de Saint-Malo et navigue selon les projets.

VIVRE ENSEMBLE
Un espace clos, mobile. Un groupe de personnes vivant et travaillant ensemble durant une longue période. Un environnement instable, mouvant, se transformant, incontrôlable à l’image du monde. Vivre sur un bateau est toujours une expérience forte où la responsabilité de chacun engage la communauté. Être là, plus qu’ailleurs, implique de vivre l’instant, les instants, le jour et la nuit. Un bateau ne dort jamais, il bouge, il change, il accompagne le mouvement du monde.


TRAVERSER LA MER SANS QUE LE CIEL NE LE SACHE

Des créateurs, plasticiens et designers embarquent à bord d’un bateau. Entre novembre 2017 et juillet 2018, ils étaient neuf à séjourner quelques semaines sur les côtes bretonnes. Le projet B.O.A.T® invite des artistes à bord de navires de recherche artistique et pédagogique. Pour cette première résidence maritime qui associe Mains d’Œuvres à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB), c’est « Le Grand Largue » qui a accueilli les artistes.
Cet espace mobile devenu plateforme de recherche et de création est propice à la découverte, l’échange, l’inattendu, la rêverie, la prise de recul sur leur quotidien et leurs pratiques. Très loin de l’atelier traditionnel, le B.O.A.T®permet aux artistes de déplacer leur démarche dans un contexte brut, peu confortable, équipé du stricte minimum et éloigné du milieu artistique. Vivre à bord d’un chalutier devient une mise à l’épreuve de leurs productions. Leurs expéditions ont placé les résidents à la merci des éléments, aussi bien calmes que déchainés, et rapidement ils intègrent la communauté des artistes du projet B.O.A.T®. En effet Le Grand Largue a accueilli depuis 2015, plus de 30 artistes et 160 étudiants en art et design pour des projets pédagogiques à l’initiative d’enseignants de l’EESAB, et notamment Nicolas Floc’h, artiste-plongeur qui nous laisse ici découvrir, en guise d’introduction, des fonds marins encore à explorer.

L’exposition « Traverser la mer sans que le ciel ne le sache » porte le nom du premier stratagème d’un traité chinois sur la guerre. Il s’agit du premier stratagème dans la configuration d’une guerre déjà gagnée. Simple, efficace, opérante, cette traversée devient le point de départ de recherches à développer sur un temps plus long que ces seuls moments d’expérimentations à bord.
En ce sens le trio de designers graphiques Zoé Lecossois, Loriane Panel et Elie Quintard ont considéré le bateau comme une base de ralliement pour sillonner les zones portuaires et cités balnéaires de la baie de Saint-Malo à la recherche des signes et typographies spécifiques au milieu maritime. Tel un safari graphique, l’édition « Vue sur mer » retranscrit les prélèvements et les rencontres de leur démarche pour finalement mettre en avant la pratique des peintres en lettres comme faisant pleinement partie du patrimoine local.
De son côté - Octave Courtin commence dès 2017 à concevoir sur B.O.A.T® un projet de création sonore, pensant la plasticité du son. De grands ballons noirs deviennent de véritables poumons, qui viennent actionner des anches de cornemuses modifiées. Le son ambiant est prenant et vient envahir l’espace devenu clôt qui, à l’inverse de l’infinité du paysage maritime, forme une caisse de résonance à grande échelle.
B.O.A.T®voit aussi se développer l’expérimentation de formes plastiques issues de recherches de Pauline Delwaulle, débutées en Bretagne en 2016. Des drapeaux de moyennes de bleu captées dans le ciel breton flottent aujourd’hui dans la cour des myrtilles de Mains d’Œuvres. Un appel à lever le nez, à admirer le ciel, à voir par jeu de superposition avec les petits rectangles bleus flottant au vent, quel beau temps il pourrait faire aujourd’hui. Un optimisme bienvenu dans ce contexte politique, écologique, sociétal plutôt sombre. L’artiste partage aussi avec nous chaque jour le beau temps de Chamonix, où elle réalise pendant l’exposition une autre traversée, cette fois-ci dans les hauteurs.

Entre Saint-Malo et Saint-Ouen, les résidents rendent compte d’une mise à distance, d’une prise de risques et de regards portés sur l’environnement et les grands écarts contextuels. Si les zones urbaines, telles que celle de Saint-Ouen et au-delà du Grand Paris, sont en plein développement, dans l’attente même d’un imminent bouleversement, l’océan reste un immense terrain vierge, en attente d’exploration. La ruine contemporaine est le sujet de l’œuvre de Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. Ils créent, par une installation et une série de cinq photographies, un lien entre leur expérience à bord et les tourments potentiellement à venir de la capitale.
Les artistes, à l’image de pionniers, arpenteurs des zones en friche et révélateurs de brèches dans notre quotidien, endosse pour un temps le statut de navigateur. Quentin Montagne repart avec des images en tête, des collages de ciel et de mer, des invasions surprenantes de méduses - animal qui représente l’une des premières formes de vie devenant aujourd’hui symptôme d’un réchauffement climatique hors de contrôle.
La mer reste un des derniers espaces encore à découvrir et pourrait devenir un réservoir de ressources essentielles pour les temps futurs. Capucine Diancourt ramène quant à elle dans ses bagages des algues et nous fait découvrir leurs qualités tant plastiques que nutritives/gustatives. Des sirops à base d’algues, venues d’ici et d’ailleurs, sont mis à disposition des curieux, en parallèle d’une tisane concoctée par Marie Ouazzani et Nicolas Carrier faite à base de plantes trouvées aux abords de Mains d’Œuvres.

La traversée, l’incertitude, le doute, l’émerveillement sont quotidiens et les résidents se trouvent face à un univers étrange, parfois angoissant, dans la posture du plongeur d’Anne Lauroz, artiste en résidence à Mains d’Œuvres, que l’on surprend face à une forme surréelle perdues dans les profondeurs des océans. Ce contexte permet ainsi un repli, nécessaire à la respiration, à l’imagination, à l’expérimentation et au regard sur notre monde.


Exposition réalisée en partenariat avec l’EESAB, dans le cadre de l’unité de recherche « Demain l’Océan », avec le soutien de la Région Bretagne.