Tristan Roma

ristan Roma se défnit lui-même comme « moitié italien, moitié chanteur ». Défnitivement plus San Pellegrino que Perrier, il présente aujourd’hui son premier EP à une France qui n’a retenu du pays de Nino Rota que le mauvais versant, et propose en cinq titres de tout remonter par la bonne pente en Vespa.
Tout commence quand, dans une vie précédente, il compose un titre qui sonnera comme un détonateur : « J’ai vécu l’écriture de ce morceau comme mon coming out romantique explique-t-il. C’est là que j’ai décidé de me lancer, seul à bord de mes propres histoires ». Convaincu que sa véritable partition s’écrira solo piano, l’homme à la voix perchée plaque tout, y compris ses accords, et troque le bruit des batteries contre celui d’un Wurlitzer, un clavier mythique qui va permettre de dessiner son Italie fantasmée, et qui va peu à peu devenir sa nouvelle meilleure amie : « c’est un son qui me rend absolument dingue. Mes plus beaux souvenirs d’enfance ont été écrits sur un Wurlitzer, c’est Supertramp qui passe après Marvin Gaye dans la voiture de mes parents ! »
Une fois la frontière française dépassée avec le titre Paradiso, Tristan Roma décide d’assumer et s’enferme pendant une année entière pour coller ses vignettes imaginaires. Ce qui le touche, ce sont ces soundracks italiennes (Le clan des Siciliens par Morricone, Nous nous sommes tant aimés par Armando Trovajoli, etc) et toutes ces musiques tellement belles qu’elle donne à voir. « Je parle d’endroits visités, de lieux qui n’existent pas et de décors que j’ai fantasmé, comme dans un rêve ». Dans ces titres, l’image est nette. C’est l’Italie douce, toute en courbes : « Je préfère raconter des images, plutôt que des histoires. Mes chansons, ce sont toujours les premières scènes d’un flm ». Dans ce flm, l’auditeur entendra des lacs, des cyprès, des paysages avec un couple qui vit toujours un truc à la fois fort et inoubliable. « Quand j’écris, je cherche toujours à retrouver la naïveté » précise-t-il. On pense également aux meilleurs titres synthetico-romantiques de Sébastien Tellier, autre Français contrarié qui a peut- être, lui aussi, déjà rêvé des B.O. de Nino Rota pour Federico Fellini.
Devenu italien à la suite d’une série de choc esthétiques, un peu comme on se serait pris Luccio Battisti dans la tronche après un dérapage heureux, Tristan prépare actuellement la suite de son voyage imaginaire ; toujours avec son Wurlitzer qui, de son propre aveu, reste le seul mannequin capable de porter élégamment ses futurs croquis.
En attendant, le premier EP sortira à la rentrée. Et tous les chemins mèneront à Tristan Roma.